La tradition de commentaire des textes est aussi très présente : le commentaire des Sentences de Pierre Lombard sera pour longtemps un exercice canonique de l'époque. Elle fut animée entre autres par Abélard, Albert le Grand et Guillaume d'Ockham. Aristote, élève de Platon, poursuivra et contredira parfois ces recherches[2] et jettera les bases de plusieurs sciences, comme la logique (science du raisonnement) et la zoologie (étude des espèces animales). Les indications des éditeurs mentionnent deux millions d'exemplaires, ce qui est au moins significatif de la curiosité du public pour le sujet. Contenu proposé par. En ce qui concerne la théorie de la connaissance, il est d'usage depuis Kant d'opposer deux grands courants : le rationalisme (avec Descartes, Leibniz et Spinoza) et l'empirisme (Locke, Berkeley, Hume). Ce courant de pensée, qui influence le structuralisme (Cercle de Prague, Lévi-Strauss), les entreprises de déconstruction (Heidegger, Derrida), la tradition herméneutique (Ricœur, Foucault) et l'existentialisme (Sartre), forme avec eux ce qu'on appelle aujourd'hui la « philosophie continentale ». Cette volonté de reprendre la philosophie des Anciens pour l'améliorer apparaît dès la Renaissance, à travers le mouvement humaniste. Responsable : Jean-Baptiste Brenet. Marx et Engels pensent à la fois que l’Histoire obéit à des lois (lois de la dialectique), et que les sciences et la culture font partie des superstructures de la société. Cette importance lui a été accordée au début du XIX e siècle par Victor Cousin, philosophe et ministre de l’Instruction publique en 1840 L'Histoire de la Philosophie en 6 volumes chez Gallimard était intéressante mais rassemblant plusieurs auteurs n'avait pas l'unité de l'ouvrage de Bréhier (par contre elle est plus complète). C'est Cicéron qui, avant eux, est considéré comme l'auteur romain qui a fait connaître la philosophie grecque à Rome, exposant en latin les doctrines des Grecs dès le Ier siècle av. En effet, la répartition des rôles et la structuration en trois ordres des sociétés médiévales en Europe fait qu'il n'était quasiment pas possible, dans la pratique, de faire « profession de débattre des idées » sans être au minimum clerc, chanoine, voire évêque ou archevêque (même si certains d'entre eux ont développé des thèses qui se sont révélées incompatibles avec la doxa de la hiérarchie catholique de leur époque). La philosophie médiévale, en Occident, est très liée à l'Église catholique romaine, et les réflexions philosophiques ont souvent un fond religieux plus ou moins prégnant. La fin du XIXe siècle est marquée par des penseurs qui bouleversent radicalement les anciennes doctrines (Nietzsche, Marx, Freud). La philosophie contemporaine, héritière de traditions multiples et contradictoires, se présente sous des formes variées. C'est surtout la philosophie de la logique qui connut un développement important. Mais la philosophie moderne comprend aussi, dès la fin du XVIIe siècle, la philosophie des Lumières, attachée à dissiper les ténèbres de l'obscurantisme et de l'ignorance pour faire triompher la raison et éduquer les peuples, notamment à travers le projet encyclopédiste (D'Alembert, Diderot), mais aussi en dessinant une philosophie politique qui privilégie la démocratie, la tolérance et la souveraineté du peuple (Spinoza, Locke, Rousseau, Voltaire). Lieu(x) Paris. La formation repose sur deux piliers complémentaires : une offre de séminaires variée et équilibrée, une formation approfondie dans les grands domaines de la Philosophie et en histoire de la Philosophie, la réalisation d'un mémoire de recherche au cours de chacune des deux années de Master, sous la direction d'un des enseignants du Département. Aristote examine donc les pensées des premiers philosophes[1]), mais il les déforme[réf. 2/ De la Renaissance à la Révolution kantienne, Cyril Morana, Etienne Akamatsu, Henri Dilberman, Pierre Landou et alii, « 50 fiches de philosophie antique », Bréal, 2012. Celle de Bertrand Russel a le mérite d'être originale par contre on ne peut pas s'en contenter (on ne peut d'ailleurs se contenter d'aucune) et surtout il vaut mieux éviter de commencer par là. Chacun de ces courants interroge les présupposés de la tradition philosophique, la remettant plus ou moins en cause. Elle comprend en effet la philosophie romantique, l'Idéalisme allemand, le positivisme, la pensée socialiste et matérialiste (de Marx, Feuerbach ou Proudhon), l'utilitarisme et le pragmatisme, ainsi que des penseurs chrétiens comme Kierkegaard. « Lhistoire est le processus … ), qui vont changer les conditions de vie mais aussi les modes de transmission des connaissances. Sur StuDocu tu trouveras tous les guides, examens passés et notes de cours pour celui-ci. 1742 L’histoire de la philosophie désigne l’exploration approfondie de la philosophie à partir de l’étude systématique des travaux, des grands textes et des systèmes de pensées ayant marqué et caractérisé son évolution. et la philosophie analytique (positivisme logique, philosophie du langage ordinaire, etc.). Or, comme les philosophies sont diverses, on en conclut que les autres sont nécessairement erronées. Aussi, la thèse que « la philosophie est la science objective de la vérité » est-elle paradoxalement admise par le relativiste. Le parcours d’histoire de la philosophie répond à cette exigence : il permet d’accéder à l’histoire de la philosophie occidentale dans son contexte culturel le plus large. Peut-on penser un devenir de la pensée qui ne soit pas autodestructeur ? Amazon Second Chance Pass it on, trade it in, give it a second life. L’histoire de la philosophie, dans ses différentes langues et traditions, impose à la philosophie ses arguments et ses problèmes. L'économie et la philosophie politique furent aussi marquées par Marx, Engels et Proudhon : les deux premiers voulaient modifier profondément les conditions de vie des ouvriers par un bouleversement des structures économiques et politiques de leur époque, que ces philosophes se donnaient pour tâche d'analyser (voir Le Capital). Les Presses Universitaires De France ont republiées les deux premiers tomes en quatre volumes : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Par exemple, Gerbert d'Aurillac, Averroès, sur les acquisitions ultérieures des connaissances. La cohérence de la philosophie au point de vue de son histoire[Quoi ?] Du XIXe siècle à nos jours, période que l'on considère en France comme l'époque contemporaine, des courants de pensée très critiques à l'égard de la tradition, et axés sur une approche économique et sociale des problèmes humains, font leur apparition (utilitarisme, socialisme, marxisme). C'est en partie ce qui explique que cette époque se caractérise d'abord, sur le plan littéraire et philosophique, par un vaste courant de réappropriation des auteurs anciens, qui place au centre de ses préoccupations l'acquisition du savoir pour que l'être humain développe pleinement ses facultés : il s'agit de ce qu'on appelle l'humanisme. Philosophie et Sciences humaines - 1er semestre. L'oubli, conscient ou inconscient, d'un événement, peut dénaturer notre perception de la réalité historique. Mais d'autre part, les Modernes ont souvent conçu leur propre travail comme une amélioration de ce que les philosophes de l'Antiquité avaient déjà accompli, ce qui les conduisit parfois à s'opposer à ces derniers. Souvent caricaturée et décriée, la philosophie médiévale s'étend sur la vaste période qui sépare la philosophie antique tardive de la philosophie moderne. Cette philosophie est, d'une part, l´héritière de la pensée antique en bien des points. J.-C. Avant même que le mot « philosophie » soit en usage, et qu'il désigne par la suite une discipline à part entière, on considère que la démarche intellectuelle des générations de penseurs dits « présocratiques[1] », étudiant principalement la physique, marque une rupture avec les discours mythologiques, religieux et poétiques qui existaient jusqu'alors, et forme à ce titre l'acte de naissance de la philosophie occidentale. La scolastique a eu longtemps une image négative. Ce souci d’approfondissement participe de la Mais le Moyen Âge fut aussi un âge de « redécouverte de la philosophie de l'Antiquité » à partir du XIe siècle La traduction en latin du corpus aristotélicien modifiera ensuite grandement la donne, et contribuera à réaffirmer Aristote comme l'un des philosophes les plus influents de l'histoire. La subordination et l'emboîtement, la vision et la division, pas seulement additives, mais par hiérarchie d'importance et lien de dépendance, la logique des idées, le plan presque architectural dans l'exposé de la pensée ou des faits s'incorporent alors définitivement aux habitudes mentales de l'Occident » (Jean-François Revel in, C'est notamment le cas de Descartes, qui tente de formuler des, le mot « biologie » apparaît simultanément en langue française et en langue allemande en 1802, respectivement dans l’. Cette pratique restera la règle au moins jusqu’au XVIIIe siècle. Les progrès de la méthode expérimentale permettent en outre qu'une branche importante de la philosophie prenne à son tour son autonomie : la psychologie. » Ce qui est remarquable, c’est que ce raisonnement suppose qu’il y a une vérité unique, autrement dit, son point de départ nie sa conclusion. Si le chapitre sur Descartes et Malebranche insistait sur la notion de contradiction, ce chapitre montre en plus la nécessaire contextualisation de l’histoire de la philosophie. J.-C., Socrate va révolutionner cette approche et introduire les méthodes qui resteront celles de la philosophie, en centrant ses réflexions sur les questions humaines, et non plus sur la physique, et en répandant l'usage de la dialectique et l'étude des définitions. Dès son origine grecque, la philosophie a donc partie liée avec différentes sciences, qui deviendront ensuite autonomes au fil de l'histoire, ce qui a valu le nom de mère des sciences[3]. Émile Bréhier, HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE, TOME II: LA PHILOSOPHIE MODERNE: 1. La réalité matérielle n'est qu'une image (ou imitation) mouvante et imparfaite de ces idées (comme les actes justes imitent l'idée de justice) : voir, des méthodes de la science moderne en train d'apparaître, Bibliographie de philosophie juridique et politique, arguments rationnels sur l'existence de Dieu, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Histoire_de_la_philosophie_en_Occident&oldid=177453327, Article avec une section vide ou incomplète, Portail:Sciences humaines et sociales/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence, Les philosophes français se concentrent sur des réflexions politiques (, Le monde anglo-saxon reste fidèle à sa tradition pragmatique (partir du concret pour en dégager l'abstrait) avec, la philosophie hellénistique (après la mort d', 5/ La philosophie et l'Histoire, de 1780 à 1880, 6/ La philosophie du monde scientifique et industriel, de 1860 à 1940, 7/ La philosophie des sciences sociales, de 1860 à nos jours, 6/ Les radicalités existentielles, 379 pages, 7/ La Construction du Surhomme, 368 pages, 9/ Les Consciences réfractaires, 480 pages, 3/ La pensée moderne de Descartes à Kant, 1961, 4/ La pensée moderne de Hegel à Bergson, 1966, 3/ De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin, 1992. Aperçu: Pas plus que la philosophie elle-même, l'histoire des écoles et des doctrines philosophiques n'est une oeuvre unie et simple, soustraite aux controverses. La philosophie de l'histoire est l’une des branches traditionnelles de la philosophie. Un autre risque est celui de la contingence : on oubliera un personnage ou un événement clés qui auraient pu être déterminants dans l'évolution historique. Cette redécouverte se fera à la fois par des traductions directes du grec vers le latin (notamment Jacques de Venise traduit la Métaphysique et le De Anima d'Aristote qui ont été deux ouvrages clés pour la réconciliation de la philosophie d'Aristote avec le christianisme par Thomas d'Aquin au XIIIe siècle), et parfois aussi par l'intermédiaire des philosophes arabes et des traductions indirectes du grec vers l'arabe et de l'arabe vers le latin, ou de traductions d'ouvrages écrits seulement en arabe (commentaires d'Aristote par Avicenne et Averroès). Campus. L’histoire de la philosophie est une discipline philosophique à part entière qui occupe une grande place dans l’enseignement universitaire français. Hilke Aslan rated it really liked it Nov 22, Alexia Polasky marked it as to-read Mar df, Arjun Singh marked it as to-read Oct 05, English Choose a language for shopping. Montaigne, dans ses Essais, qui auront une grande influence sur la postérité, se réclame du scepticisme des Anciens, et professe un relativisme culturel nourri à la fois par l'observation de son époque et par la lecture des auteurs grecs et latins ; en outre, sa pensée est marquée par un pessimisme en matière de possibilité, pour l'humanité, de parvenir à des connaissances certaines. Socrate est présenté comme opposé aux discours trompeurs des sophistes, habiles orateurs et maîtres dans l'art de persuader les foules, bien que des sophismes soient énoncés dans certains dialogues sans que Socrate ne s'en offusque[1]. HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE OCCIDENTALE Ouvrage publié en 1945 par Bertrand Russell, version illustrée et commentée pour voir sur cette page, à droite, un résumé de la pensée de chaque philosophe, cliquer sur ce lien; une fois la page chargée, passer la souris sur chaque intitulé de chapitre à gauche INTRODUCTION Aux deux premiers siècles de notre ère, Épictète et Marc Aurèle ont ainsi écrit de célèbres traités de philosophie stoïcienne (en langue grecque), de même que Sénèque (en langue latine). nécessaire] pour mettre en valeur son propre système. Si vous venez d’apposer le bandeau, merci d’indiquer ici les points à vérifier. Il est donc important à la fois de restituer les personnages et l'enchaînement des événements dans leur contexte historique, et d'avoir une vision panoramique qui n'ignore aucune des périodes de l'histoire, et s'attache à tous les aspects de l'histoire d'une période (art, sciences, techniques, modes de diffusion de l'information, croyances, politique...). Elle se poursuit au XVIIe siècle, où la science moderne fait son apparition, et où les grands philosophes sont aussi souvent des savants dans le domaine scientifique (Descartes, Pascal, Leibniz) ; ce sont alors les grandes approches de la connaissance qui distinguent les deux courants majeurs que forment le rationalisme (Descartes, Leibniz) et l'empirisme (Hume, Locke). Par ailleurs, le Moyen Âge est une des périodes les plus intenses en ce qui concerne la recherche logique. Les philosophes sont souvent de grands scientifiques (Pascal, Leibniz, Descartes), qui ne conçoivent pas la philosophie séparément de la science[6], ni des réflexions sur la religion[7]. Toute l'histoire de la philosophie, des présocratiques aux années 1940, en un seul volume. L'Histoire de la philosophie est l'histoire des théories et des doctrines qui ont été formulées par les philosophes à travers les époques. On peut très schématiquement dire qu’une opposition s’est constituée entre une philosophie assez relativiste (postmodernisme par exemple), qui ne croit plus en la vérité (qui serait une illusion, ou l’instrument d’un pouvoir religieux ou politique), et dont l’activité principale est surtout d’élucider l’histoire de la pensée (hypothétique fin de la métaphysique par exemple) ; et une philosophie plus ou moins logique, poussée vers une sorte de néo-scolastique par sa tendance rationaliste ; ce dernier courant de pensée oscille entre réalisme et nominalisme, et les problèmes philosophiques qu’elle se pose la rattachent particulièrement à des auteurs comme Aristote (cf. Le XXe siècle est aussi celui de l'essor des théories psychanalytiques, qui ont fortement marqué les philosophes, avec leur initiateur Sigmund Freud, et son plus important continuateur en France, Jacques Lacan. La Renaissance, qui s'étend en Europe du XIVe au XVIe siècle, est une période marquée par d'importantes nouveautés scientifiques, techniques et politiques (grandes découvertes, invention de l'imprimerie, réformes religieuses, etc. De nombreuses branches traditionnelles de la philosophie prennent à cette époque leur autonomie pour devenir des sciences à part entière. par exemple Anscombe) ou Guillaume d'Ockham. Les philosophes européens redécouvrent les Anciens lors du vaste courant humaniste de la Renaissance, en partie grâce aux réfugiés lettrés de Byzance. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Les premières traces historiques de ce qu'on appelle la philosophie apparaissent, en Occident, dans l'Antiquité grecque, avec les penseurs présocratiques, puis avec Socrate, qu'on considère comme le véritable père de cette discipline, et ceux qui ont suivi son sillage (Platon, Aristote, les écoles socratiques). La philosophie est donc plurielle, aucune méthode n'ayant réussi à s’imposer parmi les philosophes (comme la méthode expérimentale s'est imposée en physique et en chimie par exemple). On assiste parallèlement à un renouveau du néoplatonisme, parfois influencé par l’ésotérisme, avec Nicolas de Cuse et Jacob Boehme en Allemagne, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole et Giordano Bruno en Italie (voir néoplatonisme médicéen). Elle propose aussi une réflexion sur la nature de la réalité ou encore de l'être lui-même (ontologie), qui deviendra une branche importante de la philosophie, la métaphysique[4]. Lieu d'enseignement. La philosophie continentale (expression qui désigne les philosophes français et allemands, et plus spécialement ceux qui se réclament de la phénoménologie) privilégie la tradition des auteurs, notamment par un travail d’interprétation qui constitue bien souvent l’essentiel de la formation universitaire. Sur cette question, Francis Bacon montrera, dans son Novum Organum, l'importance fondamentale de l'expérience pour établir des connaissances solides, ce qui en fait un précurseur du mouvement empiriste qui prendra une importance majeure au XVIIe siècle. Pour penser librement, il importe de savoir d’où nous vient notre pensée — plus impensée que pensée. La dernière modification de cette page a été faite le 9 décembre 2020 à 20:24. À l'époque romantique, l'idéalisme allemand (Hegel, Fichte, Schelling) approfondit la pensée de Kant, en proposant une philosophie systématique réconciliant la philosophie de la nature et la philosophie morale. Les philosophes du Moyen Âge, qui avaient tous reçu une formation en théologie, se basaient sur les textes bibliques et tentaient souvent de concilier les enseignements de la Bible avec les écrits des philosophes antiques. Toutefois, à une époque de plus en plus marquée par les avancées scientifiques et par l'idée du progrès chère aux Lumières, le positivisme (Comte) va faire son apparition, condamnant la métaphysique au bénéfice des sciences ; Comte invente d'ailleurs une science nouvelle : la sociologie. D’où l’on devrait conclure que tous se trompent et qu’il n’y a pas de vérité dans le devenir historique de l’humanité. Histoire de la philosophie - semestre 2. L’histoire de la philosophie commence, en Occident, dans le monde de l'Antiquité grecque, vers le VIIe siècle av. Le Parcours « Histoire de la philosophie » constitue le volet classique du master « Philosophie ». On entend par « philosophie moderne » celle qui s'étend sur ce que les historiens appellent l'époque moderne (1492-1789). J.-C. L'épicurisme se prolonge également dans le monde romain, et c'est Lucrèce qui nous en a laissé le plus important témoignage, dans son long et fameux poème De natura rerum. Selon lui, le raisonnement sceptique est faux : « Une seule philosophie peut donc être vraie. De façon très schématique, les « rationalistes » affirment l'existence d´une connaissance indépendante de l'expérience, purement intellectuelle, universellement valable et indubitable, dont le modèle se trouve dans les mathématiques. Depuis les recherches d'Étienne Gilson, Martin Grabmann ou plus récemment Alain de Libera, la scolastique a été l'objet d'une large réévaluation. Les penseurs s'inspirent, à partir du XVIIe siècle, des méthodes de la science moderne en train d'apparaître (avec Copernic, Galilée et Newton), pour développer une philosophie davantage centrée sur la subjectivité de l'individu, placé désormais au centre de la construction des connaissances (Descartes, Locke, Kant). Par exemple, un système logique peut être cohérent ; mais selon quel critère peut-il être dit vrai ? Histoire de la philosophie 2: XVIIe et XVIIIe siècles by Émile Bréhier. En particulier en Europe, cette histoire comprend les grandes figures Grecques de la philosophies (Socrates, Platon, Aristote) et leurs écoles. Dès le début de l’Antiquité se pose la question de l’histoire de la philosophie. Les premières traces historiques de ce qu'on appelle la philosophie apparaissent, en Occident, dans l'Antiquité grecque, avec les penseurs présocratiques, puis avec Socrate, qu'on considère comme le véritable père de cette discipline, et ceux qui ont suivi son sillage (Platon, Aristote, les écoles socratiques). La philosophie et l’histoire peuvent-elles être pensées ensemble sans que l’une ou l’autre ne disparaisse ? Pour Hegel, le relativisme est un prétexte ordinaire, qui permet de négliger le sérieux du travail philosophique. Avec l’histoire de la philosophie, il y va de la philosophie elle-même. Au Moyen Âge, c'est principalement dans les monastères et en lien étroit avec la théologie que se déploie le discours philosophique, à travers la traduction et la discussion des écrits des Anciens, dans le monde chrétien et le monde arabe. Avec la révolution industrielle du XIXe siècle, c'est un ensemble de courants d'idées davantage axés sur l'économie et la politique qui font leur apparition, tels l'utilitarisme (Bentham, Mill), le pragmatisme (Peirce, James) et le socialisme (Proudhon, Marx). Pendant la même période, la philosophie politique moderne se développe, en partant de l'homme tel qu'il est, plutôt que de ce qu'il devrait être (Machiavel, Hobbes, Spinoza). Cet article concerne la discipline nommée « Histoire de la philosophie ». Cet argument fut utilisé très tôt par les premiers sceptiques ; le raisonnement est que l’on ne saurait décider dogmatiquement quel philosophe a raison, car il y en a toujours un autre qui a soutenu, qui soutient ou qui soutiendra le contraire. L’histoire de la philosophie est une discipline philosophique à part entière qui occupe une grande place dans l’enseignement universitaire français. À l'époque moderne, l'humanisme de la Renaissance et la redécouverte des Anciens signent le début de l'ère moderne, où les philosophes tiennent compte du développement de la science moderne pour proposer une nouvelle approche des problèmes épistémologiques et politiques en particulier. La discipline poursuit son développement à l'époque hellénistique, en … Les penseurs médiévaux se concentrèrent plus particulièrement sur la célèbre Querelles des universaux, dont le point de départ fut une remise en cause de la théorie des Idées platoniciennes. J.-C., est un mouvement qui tente de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale ; ses plus célèbres représentants sont Plotin, Porphyre et Proclus. Il assure par ailleurs la vivacité de la dialectique et des travaux sur la logique, comme en témoignent par la célèbre querelle des universaux, ou celle entre nominalistes et réaliste. C'est ainsi la scolastique, application de l'aristotélisme au christianisme, introduit par Thomas d'Aquin, qui constitue l'approche philosophique dominante dans l'Europe médiévale. Le dix-septième siècle ; 2. le dix-huitième siècle ; 3. Différents courants s'opposent concernant la nature des idées et des connaissances humaines, tels que l'innéisme et le rationalisme (Leibniz, Malebranche) contre l'empirisme (Locke, Berkeley, Hume). Nietzsche, qui accordait une grande importance aux arts, se désignait lui-même comme un immoraliste : selon lui, les valeurs de la morale chrétienne traditionnelle étaient l'expression de la faiblesse et d'une pensée décadente ; il analysa les idées de nihilisme, du surhomme et de l'éternel retour de la répétition sans fin de l'histoire. Il ne faut cependant pas voir l'instabilité des méthodes philosophiques comme une faiblesse de la discipline, mais plutôt comme un de ses traits caractéristiques. C'est aussi l'époque où la métaphysique, l'Église et la monarchie vont subir les critiques de la philosophie des Lumières (XVIIIe siècle), Kant ruinant la prétention scientifique de la première par ses études sur les limites de la raison humaine[8], et d'autres philosophes s'attelant à combattre l'obscurantisme et la tyrannie par le projet de l'Encyclopédie (Diderot, d'Alembert) d'une part, et des traités politiques recommandant le libéralisme, la tolérance (Locke, Voltaire) et le républicanisme (Rousseau) d'autre part.